Le premier député du Gabon au Palais-Bourbon
Lors de ses premières ambitions électorales, Jean-Hilaire Aubame se présente dans une circonscription regroupant alors le Gabon et le Moyen-Congo. Malgré des soutiens notables, il est battu par le candidat congolais Jean-Félix Tchicaya lors des élections constituantes de 1945, puis à nouveau en 1946.
Un tournant décisif intervient à l’occasion des élections législatives du 10 novembre 1946, lorsque le Gabon devient une circonscription électorale distincte pour le collège des autochtones. Jean-Hilaire Aubame est alors élu député sous l’étiquette de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), recueillant 7 069 voix sur 12 528 suffrages exprimés. Il devient ainsi le premier député gabonais à siéger au Palais-Bourbon, marquant une étape majeure dans l’histoire de la représentation politique du Gabon.
Action parlementaire et engagement institutionnel
Dès son entrée à l’Assemblée nationale française, Jean-Hilaire Aubame consacre une part essentielle de son action parlementaire aux questions africaines. En 1949, il est nommé membre de la Commission des territoires d’outre-mer, au sein de laquelle il dépose plusieurs propositions de loi relatives notamment à l’instauration d’un code du travail pour les territoires français d’Afrique, ainsi qu’à l’organisation et au régime des communes en Afrique-Équatoriale française.
Entre 1953 et 1955, il occupe les fonctions de vice-président de cette Commission. Dans ce cadre, il soutient une proposition de loi visant à renforcer la représentation des territoires d’outre-mer et des territoires associés au sein du Conseil économique. Défenseur de l’idée d’une « République française fédérale », fondée sur une relation d’égalité entre la République française et les territoires d’outre-mer appelés à devenir des républiques, il se prononce, le 12 mars 1956, en faveur de l’octroi des pouvoirs spéciaux en Algérie.
Parallèlement, Jean-Hilaire Aubame est un membre actif de la Commission de la marine marchande et des pêches, dont il assure à plusieurs reprises le secrétariat, témoignant de son implication constante dans les travaux parlementaires.
Évolutions politiques et renouvellement des mandats
Initialement rattaché au groupe parlementaire socialiste, Jean-Hilaire Aubame s’en détache pour rejoindre le groupe des Indépendants d’outre-mer, animé notamment par le député sénégalais Léopold Sédar Senghor. Cette évolution politique s’accompagne d’un renforcement de sa légitimité électorale.
Le 17 juin 1951, il est réélu député en tant que candidat indépendant, avec 17 329 voix sur 29 203 suffrages exprimés. Il est de nouveau reconduit dans ses fonctions lors des élections du 2 janvier 1956, obtenant 26 712 voix sur 57 031 suffrages. Au sein de son groupe parlementaire, il exerce successivement les fonctions de vice-président, puis de président à compter du 4 mai 1955.
Durant l’ensemble de ses mandats parlementaires, Jean-Hilaire Aubame réside principalement à Paris, tout en maintenant un lien régulier et constant avec le Gabon, où il retourne fréquemment afin de rester au contact des réalités de son pays et des populations qu’il représente.