La course au pouvoir
Bien que siégeant à l’Assemblée nationale française, Jean-Hilaire Aubame demeure profondément engagé dans la vie politique de son pays. Dès la fin des années 1940, il s’investit activement dans l’organisation politique locale et la structuration du débat public gabonais.
En 1947, il fonde l’Union démocratique et sociale gabonaise (UDSG), formation politique qui s’impose rapidement comme un acteur central de la scène politique nationale. À partir de cette période, la vie politique gabonaise s’articule principalement autour de deux figures majeures : Jean-Hilaire Aubame, bénéficiant notamment du soutien des missions religieuses et de l’administration, et Léon Mba, soutenu pour sa part par les colons.
Ancrage territorial et rapports de force politiques
En 1952, Jean-Hilaire Aubame est élu conseiller à l’Assemblée territoriale pour la province du Woleu-Ntem, considérée comme son principal bastion politique. Il est réélu en mars 1957, à l’issue d’élections au cours desquelles l’UDSG arrive en tête avec 18 sièges sur 40, devant le Bloc démocratique gabonais (BDG), dirigé par Léon Mba, qui en obtient 16.
Toutefois, à la suite de recompositions politiques contestées, le BDG parvient à rassembler 21 sièges contre 19 pour l’UDSG. En l’absence de majorité absolue, les deux formations sont contraintes de présenter, le 21 mai 1957, une liste commune pour la formation du gouvernement territorial. Cette configuration politique se fait au détriment de Jean-Hilaire Aubame. Le même jour, Léon Mba est nommé vice-président du Conseil du gouvernement.
Crise gouvernementale et recomposition politique
Très rapidement, des divergences profondes apparaissent au sein du gouvernement ainsi constitué. Face à ces dissensions, Jean-Hilaire Aubame décide de retirer ses partisans de l’exécutif et dépose une motion de censure à l’encontre du gouvernement. Celle-ci est rejetée par 21 voix contre 19, confirmant la position dominante de Léon Mba.
À la suite de ce vote, plusieurs élus de l’UDSG rejoignent la majorité parlementaire, portant le nombre de députés soutenant le gouvernement à 29 sur 40, et affaiblissant durablement la position de Jean-Hilaire Aubame sur la scène politique locale.
Positionnement face aux enjeux institutionnels de 1958
Bien qu’il ne prenne pas part, en sa qualité de député siégeant en France, au vote du 1er juin 1958 accordant la confiance au général de Gaulle sur son programme et sa politique, Jean-Hilaire Aubame appelle publiquement les populations gabonaises à voter en faveur du « oui » lors du référendum du 28 septembre 1958 sur la Communauté franco-africaine, marquant ainsi son adhésion à une transition institutionnelle encadrée dans le contexte de la décolonisation.