Jean-Hilaire Aubame

Premier député gabonais
Jean-Hilaire Aubame est né le 10 novembre 1912 à Libreville, où il s’est éteint le 16 août 1989. Figure majeure de l’histoire politique nationale, il est reconnu comme le premier député gabonais, incarnant l’émergence de la représentation politique des populations gabonaises au sein des institutions de la République.
Jeunesse et formation
Originaire de l’ethnie fang, Jean-Hilaire Aubame est confronté très tôt à l’épreuve de l’orphelinat, perdant son père à l’âge de huit ans puis sa mère à onze ans. Il est alors accueilli à l’école catholique de Donguila, où il bénéficie d’une formation rigoureuse. C’est dans ce cadre qu’il fait, en 1926, la rencontre de l’abbé Jean Obame, demi-frère aîné de Léon Mba, rencontre déterminante dans son parcours intellectuel et humain.
Il poursuit sa scolarité dans plusieurs missions catholiques, notamment à Donguila et au Séminaire Saint-Jean, avant d’intégrer l’administration coloniale.
Engagement administratif et premières responsabilités
Le 24 mars 1931, Jean-Hilaire Aubame entre dans l’administration des douanes. Affecté dans un premier temps à Libreville, il est muté en 1935 à Bangui, puis nommé en 1936 à la tête des douanes de Brazzaville. La même année, il cofonde la Mutuelle gabonaise, aux côtés du frère de l’homme politique Louis Bigmann, témoignant déjà de son engagement en faveur de l’organisation sociale et solidaire des Gabonais.
Engagement dans la Résistance et action politique
À la suite de l’Appel du 18 juin 1940, Jean-Hilaire Aubame rejoint la France libre. Il est chargé d’une mission stratégique au Gabon visant à rallier les populations à la cause du général de Gaulle. À Libreville, il est reçu par le gouverneur général de l’Afrique-Équatoriale française, Félix Éboué, qui l’intègre officiellement à son administration le 23 février 1943.
Le 1er janvier 1944, il est élu président de la commission municipale de Poto-Poto à Brazzaville, fonction qu’il exerce jusqu’au 10 novembre 1946. Après le décès de Félix Éboué en mars 1944, Jean-Hilaire Aubame poursuit son engagement institutionnel en qualité de conseiller auprès du nouveau gouverneur général, André Bayardelle, et de son secrétaire, André Soucadaux.
Encouragé par ces derniers à se présenter aux premières élections législatives ouvertes aux populations autochtones, il retourne au Gabon pour mener campagne, bénéficiant alors du soutien de l’administration, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’histoire politique gabonaise.