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Le procès de Lambaréné

À la suite de son rétablissement au pouvoir, Léon Mba refuse de considérer le coup d’État de février 1964 comme une action dirigée contre sa personne ou son régime. Il le qualifie plutôt de complot visant les institutions de l’État. Toutefois, dans les semaines qui suivent, des manifestations à caractère antigouvernemental éclatent dans plusieurs localités, dénonçant notamment une gouvernance perçue comme autoritaire et une dépendance excessive à l’égard de la France.

Ces mouvements de contestation se renforcent lorsque Jean-Hilaire Aubame est officiellement inculpé, le 23 mars 1964, pour sa participation présumée au coup d’État. Une partie de l’opinion publique exprime alors sa solidarité avec l’ancien chef de l’opposition.


Déroulement du procès

Le procès de Jean-Hilaire Aubame s’ouvre le 25 août 1964 à Lambaréné, devant la Cour de sûreté de l’État. Au cours des audiences, l’accusé conteste toute implication directe dans la préparation ou l’exécution du coup d’État. Il reconnaît toutefois avoir accepté la constitution d’un gouvernement provisoire, tout en soutenant que cette démarche s’inscrivait dans le respect des institutions, à la suite de ce qu’il considère comme la démission volontaire du président Léon Mba.

Jean-Hilaire Aubame déclare également avoir été informé de la situation par l’ambassadeur de France au Gabon, Paul Cousseran, qui l’aurait invité à entrer en contact avec les auteurs du soulèvement afin d’évaluer la situation politique. Au cours de sa défense, il condamne avec fermeté l’intervention militaire française, qu’il qualifie d’ingérence dans les affaires intérieures du Gabon et d’atteinte à la souveraineté nationale.


Verdict et conséquences

Accusé notamment d’avoir organisé des réunions qualifiées de subversives avant les événements de février 1964, et présenté par l’accusation comme l’inspirateur politique des autres prévenus, Jean-Hilaire Aubame est reconnu coupable à l’issue du procès. Il est condamné à dix années de travaux forcés ainsi qu’à dix années d’interdiction de séjour.

Avec les autres condamnés, il introduit un recours contestant la légalité et la compétence de la Cour de sûreté de l’État, juridiction créée par le président Léon Mba. Ce recours est toutefois rejeté. Incarcéré à l’issue de sa condamnation, Jean-Hilaire Aubame subit des conditions de détention particulièrement éprouvantes, marquant durablement cette période de son parcours politique et personnel.

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