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Le coup d’État de février 1964

Dans la nuit du 17 au 18 février 1964, aux environs de cinq heures du matin, un groupe d’environ 150 militaires gabonais, dirigés par les lieutenants Jacques Mombo et Valère Essone, procède à l’arrestation du président de la République Léon Mba, du président de l’Assemblée nationale Louis Bigmann, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.

Par une annonce radiodiffusée, les militaires informent le peuple gabonais de la prise de pouvoir et demandent à l’assistance technique française de ne pas intervenir. Contraint par les événements, le président Léon Mba prononce une allocution à la radio dans laquelle il annonce sa démission, invoquant l’accumulation d’injustices et l’épuisement de la patience populaire.


Mise en place d’un gouvernement provisoire

Durant ces événements, aucun affrontement armé n’est signalé et aucun coup de feu n’est tiré. L’absence de réaction populaire est interprétée par les auteurs du coup d’État comme un signe d’approbation tacite. Dans ce contexte, Jean-Hilaire Aubame se voit proposer la direction d’un gouvernement provisoire.

Ce gouvernement est exclusivement composé de personnalités politiques civiles, issues aussi bien de l’Union démocratique et sociale gabonaise (UDSG) que du Bloc démocratique gabonais (BDG), à l’image de Paul Gondjout. Les militaires impliqués dans le putsch se limitent, pour leur part, à des missions de sécurisation civile. Il convient de souligner que l’ensemble des forces armées gabonaises ne participe pas au coup d’État ; encadrée en majorité par des officiers français, une partie significative de l’armée demeure cantonnée dans ses casernes.


Relations diplomatiques et position de la France

Des instructions sont initialement données afin que le président déchu soit transféré à Ndjolé, fief électoral de Jean-Hilaire Aubame. Toutefois, en raison de conditions météorologiques défavorables, Léon Mba est conduit à Lambaréné, située à environ 250 kilomètres de Libreville.

Dès sa prise de fonctions, Jean-Hilaire Aubame engage des échanges avec l’ambassadeur de France au Gabon, Paul Cousseran, afin de garantir la protection des biens et des ressortissants étrangers, dans l’objectif d’éviter toute intervention militaire extérieure.

À Paris, cependant, le général Charles de Gaulle et Jacques Foccart prennent la décision de rétablir le gouvernement légal. Léon Mba étant considéré comme un allié stratégique majeur de la France en Afrique, les autorités françaises choisissent d’intervenir conformément aux accords franco-gabonais en vigueur.


Intervention militaire française et rétablissement du pouvoir

Toutefois, une intervention directe nécessite formellement une requête du chef de l’État gabonais. Léon Mba étant constitutionnellement empêché, les autorités françaises se tournent vers le vice-président de la République, Paul Marie Yembit, qui n’a pas été arrêté. Celui-ci demeurant introuvable, il est décidé de rédiger une lettre antidatée, qu’il signera ultérieurement, afin de satisfaire aux exigences juridiques.

Dans la nuit du 18 au 19 février 1964, des troupes françaises en provenance de Dakar et de Brazzaville débarquent à Libreville et procèdent au rétablissement de Léon Mba au pouvoir. Les opérations militaires font un mort du côté français et entre quinze et vingt-cinq victimes du côté gabonais.

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